Sur la colline

10 octobre 2008

"Privatisation des profits, mutualisation des pertes."

C'était donc ça la fameuse crise dont j'entends parler depuis que je sais le faire. Toutes ces années et ces discours pour nous habituer à courber un peu plus l'échine, à oublier les promesses de la république universaliste, à accepter la stagnation des salaires et l'augmentation des revenus des actionnaires. La voici la crise étalée au grand jour, c'est le moment de passer la vitesse supérieure : le capitalisme financier continue sur sa lancée, lache du lest pour aller toujours plus haut et cherche le cash qui reste pour lui permettre de carburer encore.
Les instituts financiers malades sont dépecés : la part saine aux privés pour bien accentuer le monopole, la part malsaine au public en payant la note avec l'argent des impôts ou de l'épargne.
Et qui pourra empêcher ces gens-là de faire ce qu'il veulent ? De voler encore toujours plus d'argent à ceux qui croyaient en avoir un peu de côté afin "d'injecter des liquidités" dans leurs poches trouées ?

J'imagine les nobles aller voir les bourgeois roturiers en 1789 et leur dire clairement : "nous sommes ruinés à cause de notre mode de vie et de notre position dominante et si nous ne trouvons pas d'argent, tout ce beau système féodal va s'effondrer... mais ne vous inquiétez pas ! nous avons trouvé une solution : nous allons vous prendre votre tune et ainsi nous pourrons continuer à vous exploiter et vivre de votre servitude. Et sachez que nous saurons nous montrer reconnaissants."
J'attends juste de voir quelle recette vont trouver les dominants pour faire passer cette belle pilule, cette crise historique dans la gorge de la plèbe contribuable et épargnante. Combien de banquiers va-t-on lyncher pour calmer l'angoisse populaire ? Combien d'écureuils vont se faire plumer pour racheter les comportements délinquants des richissimes de la finance ?
Et puis pour terminer et changer de sujet sans vraiment le faire, voici un extrait des commentaires (lus sur le site du quotidien "Le Monde") sur le nouveau budget 2009 du gouvernement de notre république universaliste et concernant l'un des deux seuls ministères devant cette année bénéficier de créations de postes :
"MINISTERE DE LA JUSTICE
Le projet de budget 2009 de la Justice atteint 6,66 milliards d'euros, une hausse annuelle à périmètre constant de 2,6% qui marque un ralentissement dans la progression des dotations de ce ministère, malgré les nouveaux coûts de la réforme de la carte judiciaire et de l'ouverture de prisons. Régulièrement décrié comme étant l'un des plus faibles de l'Union européenne, le budget de la Justice avait progressé de 4,6% en 2008 et 5% en 2007.
2009 devrait voir la création de 512 emplois, tous dédiés à l'Administration pénitentiaire (AP) qui doit ouvrir de nouveaux établissements."