Sur la colline

25 mars 2006

La privatisation de l'État

Ceux qui ne vont pas dans le sens de la dérégulation et du libéralisme à tout va sont aujourd'hui taxés d'immobilisme et d'incompréhension face à un monde qui bouge (la fameuse globalisation), ils sont traités d'archaïques. Le faux qui tourne au vrai et le vrai qui est désigné comme faux, ce n'est pas nouveau dans notre société du spectacle. Le code du travail est peut-être un peu poussiéreux, mais il est le résultat d'une marche en avant, vers l'amélioration du sort des salariés; les services publics ne sont pas un vestige antédiluvien, mais bien l'expression de la prise en charge par la communauté d'une partie des tâches nécessaires à la sécurité et au bien-être de la population et ils ont été mis en place et développés depuis des années dans le but de bénéficier à la majorité des citoyens.
Aujourd'hui les néocons de l'ump essayent de faire croire aux gens que le vent du progrès (social) nous pousse inéxorablement vers un code du travail qui tienne sur une carte postale et vers des services publics démantelés et ouverts à la concurrence. De Villekozy massacre à la tronçonneuse le droit du travail, alors que tout le monde sait que c'est la croissance qui créé les emplois, et la croissance ne se décrète pas à l'assemblée. Ces gens-là sont libéraux, mais ne font rien pour faciliter la création d'entreprise ou alléger la fiscalité des pme-pmi. Entreprendre reste un privilège de classe et il semblerait que tout soit fait pour tenir la création d'entreprise hors de portée des ilotes. Sarkopin reprend en coeur la litanie des ultra-libéraux européens et prône la libéralisation des services (publics en tête) : la concurrence est une loi de leur nature et il ne faut pas lui mettre des bâtons dans les roues. Et vive le marché libre : exit les services publics, exit donc le rôle de l'État comme représentant de la population et garant de la solidarité nationale. Alors vendons les bijoux de famille à nos potes : l'industrie de l'acier à Seillières, la télé à Bouygues, la SNCM à Butler, GDF à Suez, etc. Tout doit disparaitre ! Tous ces outils de travail bâtis avec l'argent des contribuables, au service des contribuables, doivent être bradés et offerts à des intérêts privés : jackpot ! c'est ça la loi du marché. Bientôt les écoles maternelles Cégétel, la police Bouygues ou les pompiers Lagardère.
Plus que de gueuler dans la rue et dissoudre les individus dans une foule manipulable, je voudrai bien voir les leaders de ce mouvement de protestation au mot d'ordre binaire proposer un programme commun et profiter de ces rapprochements entre acteurs socio-économiques pour élaborer des propositions concrètes et faire la démonstration qu'il existe d'autres voies possibles, des projets qui remettraient les profits à leur place et ramèneraient l'humain au premier plan des préoccupations communes.
Le choix est simple : qui du marché ou de l'humain doit être libre ?