Le banquisme s'installe
Voilà que l'élite économique est en train d'asseoir son pouvoir et d'accaparer définitivement l'organisation démocratique à son seul profit.
Aprés avoir dressé au moins deux générations à se résigner au travail infini sans autre contre-partie que la survie ("c'est la crise depuis 1973"), voici que les membres de la meute oligarchique (ces gens qui perçoivent des revenus sans travailler, mais "font travailler leur argent") sont parvenus à imposer leurs vues sur la manière dont nous devrions partager les richesses produites par toutes celles et ceux qui se lèvent chaque matin pour faire tourner la machine à pognon.
Et le "banquisme" s'installe dans chaque pays européen : pour rembourser une dette qui fait penser à celle des pays africains, un gouvernement élu ou pas (peu importe) parvient à imposer des mesures rétrogrades qui piétinent allégrement toutes les avancées sociales du 20ème siècle.
Le gouvernement espagnol a, entre autres réformes, abaissé en début d'année le salaire minimum ! Le FMI propose à celui de Grèce de supprimer 15000 postes de fonctionnaires (vous savez ces fainéants qui passent leurs journées à regarder la pendule), "libéraliser" le code du travail et baisser le salaire minimum de 22% (de 751 à 600 euros par mois) - et ne parlons pas de la réforme du système de retraite... Ce qui se passe en Italie n'est pas plus joli avec un litre d'essence à 1,70 euros.
La partie est-elle perdue pour autant ? Le banquisme va-t-il se répandre comme le fascisme en '40 ?
Une poignée d'humains formant cette meute oligarchique arrivent à imposer leurs visions du partage des richesses à une masse hétéroclite à la conscience atomisée. Etre riche est l'idéal de notre culture; ainsi, les riches règnent et les autres triment et rêvent d'être riches. Tant que les non-riches idéaliseront la vie des sur-riches, la gabégie s'affirmera.
Et je tourne mon cerveau vers le peuple grec avec un espoir frémissant : que ces gens-là soient ceux qui disent "merde" aux banquiers et leurs cousins rentiers, mais surtout que, par-delà la colère, ils aient la force d'imaginer une autre manière de s'organiser et de commencer à réaliser qu'ils sont la Grèce et qu'ils ne doivent rien à personne.
Les créateurs de richesse ont quand même quelques cartes en main, il leur manque juste un peu de solidarité, ils pourraient : faire la grève des impôts sur le revenu, que les commerçants et artisans fassent la grève de la TVA (ils la mettent dans un coin et ne la reverseront à l'Etat qu'aprés négociations) et que les clampins retirent leur cash de la banque. Ce serait un début prometteur !
Mais comment imaginer que tous ces esprits fatigués et atomisés réalisent que ce sont ces sur-riches qu'ils admirent qui mettent vraiment des bâtons dans leurs roues de non-riches ? Mieux vaut se méfier de son voisin qui n'est pas d'ici.
Aprés avoir dressé au moins deux générations à se résigner au travail infini sans autre contre-partie que la survie ("c'est la crise depuis 1973"), voici que les membres de la meute oligarchique (ces gens qui perçoivent des revenus sans travailler, mais "font travailler leur argent") sont parvenus à imposer leurs vues sur la manière dont nous devrions partager les richesses produites par toutes celles et ceux qui se lèvent chaque matin pour faire tourner la machine à pognon.
Et le "banquisme" s'installe dans chaque pays européen : pour rembourser une dette qui fait penser à celle des pays africains, un gouvernement élu ou pas (peu importe) parvient à imposer des mesures rétrogrades qui piétinent allégrement toutes les avancées sociales du 20ème siècle.
Le gouvernement espagnol a, entre autres réformes, abaissé en début d'année le salaire minimum ! Le FMI propose à celui de Grèce de supprimer 15000 postes de fonctionnaires (vous savez ces fainéants qui passent leurs journées à regarder la pendule), "libéraliser" le code du travail et baisser le salaire minimum de 22% (de 751 à 600 euros par mois) - et ne parlons pas de la réforme du système de retraite... Ce qui se passe en Italie n'est pas plus joli avec un litre d'essence à 1,70 euros.
La partie est-elle perdue pour autant ? Le banquisme va-t-il se répandre comme le fascisme en '40 ?
Une poignée d'humains formant cette meute oligarchique arrivent à imposer leurs visions du partage des richesses à une masse hétéroclite à la conscience atomisée. Etre riche est l'idéal de notre culture; ainsi, les riches règnent et les autres triment et rêvent d'être riches. Tant que les non-riches idéaliseront la vie des sur-riches, la gabégie s'affirmera.
Et je tourne mon cerveau vers le peuple grec avec un espoir frémissant : que ces gens-là soient ceux qui disent "merde" aux banquiers et leurs cousins rentiers, mais surtout que, par-delà la colère, ils aient la force d'imaginer une autre manière de s'organiser et de commencer à réaliser qu'ils sont la Grèce et qu'ils ne doivent rien à personne.
Les créateurs de richesse ont quand même quelques cartes en main, il leur manque juste un peu de solidarité, ils pourraient : faire la grève des impôts sur le revenu, que les commerçants et artisans fassent la grève de la TVA (ils la mettent dans un coin et ne la reverseront à l'Etat qu'aprés négociations) et que les clampins retirent leur cash de la banque. Ce serait un début prometteur !
Mais comment imaginer que tous ces esprits fatigués et atomisés réalisent que ce sont ces sur-riches qu'ils admirent qui mettent vraiment des bâtons dans leurs roues de non-riches ? Mieux vaut se méfier de son voisin qui n'est pas d'ici.

