Le partage
Selon l'observatoire des inégalités, les 10 personnes les plus fortunées en notre chère république totalisent un patrimoine d'une valeur de 68,77 milliards d'euros.
Comme c'est la crise en ce moment, le gouvernement a décidé d'injecter du cash dans les banques qui n'ont pas su faire leur boulot correctement et un article de "la tribune" explique une partie du processus:
"Les différentes initiatives de mise à disposition de liquidités pour "l'économie réelle" par la Caisse des dépôts (CDC) s'élèveront au total à "une trentaine de milliards" d'euros, a indiqué ce dimanche le directeur général de la CDC, Augustin de Romanet, sur la radio RFI.(...)
Augustin de Romanet a détaillé l'ensemble des mesures prises, dont la remise à disposition des banques de 16 milliards d'euros qui étaient centralisés à la Caisse des dépôts au titre du livret de développement durable et du livret d'épargne populaire."
Le livret de développement durable est l'ancien codevi dont les fonds étaient destinés au développement de l'industrie et maintenant du "durable" quant au livret d'épargne populaire: "Le Livret d'Épargne Populaire (ou LEP) a été créé en 1982 dans le but d'offrir, aux personnes les plus modestes, une protection de leurs économies contre la hausse des prix.(...)
Le Livret d'Épargne Populaire est réservé aux personnes les plus modestes, fiscalement domicilié en France."
Il est donc toujours plus facile de plumer dix millions de moutons qui ne se connaissent pas que de faire la quête auprès des loups au ratelier desquels vous mangez.
Vive la république!
La République esclave
Si il fallait une preuve de plus que notre jeune république a été prise en main par la nouvelle élite économique, la voici qui fait la une des comérages médiatiques : vingt ans que les 12 milliards du trou de la sécu nous effrayent au point qu'on a l'impression de dire un gros mot rien que d'en parler; des années pour nous convaincre que la retraite nous passerait sous le nez; des heures et des heures passées à nous expliquer la fainéantise des fonctionnaires et la nullité du service public (autre que répressif)... Mais aujourd'hui il est possible de mobiliser 360 milliards (à peu près le montant du budget de l'état) pour réparer les bévues des enfants gâtés de la finance.
La république est dominée par la noblesse de droit économique. Les sans-culottes sont trop occupés à gagner leur croute et la machouiller fatigués devant leur télé. L'universalisme de la république et des droits de l'homme et du citoyen a été étouffé sous un drapeau nationaliste aussi moche que celui des voisins.
Les nyctalopes voient le gros doigt des nobles internationaux et se demandent qui pourraient les empêcher de faire leur petite salade tranquille avec l'argent de ceux qui bossent; pour les autres, c'est peut-être juste une info de plus entre deux matches de foot : tout ira bien tant que les rayons du supermarché seront bien achalandés.
Les politiciens de gauche ont lâchement abandonné la république aux mains de la noblesse économique à partir du moment où ils ont accepté la naturalisation du système capitaliste et ont été incapables de présenter un modèle d'organisation économique viable et plus équitable.
Et pendant ce temps, la société générale continue à "blanchir de l'argent" comme on dit... ils auront bientôt la garantie de l'état et des fonds généreusement reversés par les contribuables. Vive la république !
"Privatisation des profits, mutualisation des pertes."
C'était donc ça la fameuse crise dont j'entends parler depuis que je sais le faire. Toutes ces années et ces discours pour nous habituer à courber un peu plus l'échine, à oublier les promesses de la république universaliste, à accepter la stagnation des salaires et l'augmentation des revenus des actionnaires. La voici la crise étalée au grand jour, c'est le moment de passer la vitesse supérieure : le capitalisme financier continue sur sa lancée, lache du lest pour aller toujours plus haut et cherche le cash qui reste pour lui permettre de carburer encore.
Les instituts financiers malades sont dépecés : la part saine aux privés pour bien accentuer le monopole, la part malsaine au public en payant la note avec l'argent des impôts ou de l'épargne.
Et qui pourra empêcher ces gens-là de faire ce qu'il veulent ? De voler encore toujours plus d'argent à ceux qui croyaient en avoir un peu de côté afin "d'injecter des liquidités" dans leurs poches trouées ?
J'imagine les nobles aller voir les bourgeois roturiers en 1789 et leur dire clairement : "nous sommes ruinés à cause de notre mode de vie et de notre position dominante et si nous ne trouvons pas d'argent, tout ce beau système féodal va s'effondrer... mais ne vous inquiétez pas ! nous avons trouvé une solution : nous allons vous prendre votre tune et ainsi nous pourrons continuer à vous exploiter et vivre de votre servitude. Et sachez que nous saurons nous montrer reconnaissants."
J'attends juste de voir quelle recette vont trouver les dominants pour faire passer cette belle pilule, cette crise historique dans la gorge de la plèbe contribuable et épargnante. Combien de banquiers va-t-on lyncher pour calmer l'angoisse populaire ? Combien d'écureuils vont se faire plumer pour racheter les comportements délinquants des richissimes de la finance ?
Et puis pour terminer et changer de sujet sans vraiment le faire, voici un extrait des commentaires (lus sur le site du quotidien "Le Monde") sur le nouveau budget 2009 du gouvernement de notre république universaliste et concernant l'un des deux seuls ministères devant cette année bénéficier de créations de postes :
"MINISTERE DE LA JUSTICE
Le projet de budget 2009 de la Justice atteint 6,66 milliards d'euros, une hausse annuelle à périmètre constant de 2,6% qui marque un ralentissement dans la progression des dotations de ce ministère, malgré les nouveaux coûts de la réforme de la carte judiciaire et de l'ouverture de prisons. Régulièrement décrié comme étant l'un des plus faibles de l'Union européenne, le budget de la Justice avait progressé de 4,6% en 2008 et 5% en 2007.
2009 devrait voir la création de 512 emplois, tous dédiés à l'Administration pénitentiaire (AP) qui doit ouvrir de nouveaux établissements."